Dix neuf fevrier deux mille huit; j'aime Fanny.

Souviens toi qu'il ne tient qu'à toi de faire revivre ces souvenirs.
Un jour,je dormirai chez toi, et le matin je te tirerai du lit, je t'empêcherai de te coiffer, tu m'empêcheras de me maquiller, on mettra nos fringues les plus défoncées, et on ira à Volkrange, dans le parc, on se balancera du sable dans les yeux, en grimpant sur les bateaux échoués sur une plage artificielle, au milieu d'une forêt qui nous paraitra à nouveau mystérieuse et immense, on ira cueillir des fleurs jaunes derrière le parc, et je pleurerai parce que je suis allergique au pollen, et puis on essayera de grimper sur le grand épicéa centenaire mais on finira par se casser la gueule dans l'herbe en rigolant comme des mômes de 5 ans, et on essayera d'attraper des poissons ou des grenouilles dans les étangs si troubles que les poissons sont morts depuis longtemps, et puis j'essayerai de te pousser dans l'eau mais c'est moi qui y finirai, et je te jouerai une pièce de théâtre imaginaire sur l'esplanade qui ressemble vaguement à un théâtre grec, et puis on se couchera dans l'herbe, et on se lancera des défis idiots du genre " t'es pas cap de manger des fourmis ou des asticots", et à la fin de la journée, on sera plein de boue, de terre et du reste, et on redeviendra Lucas L et Fanny, deux personnes bien respectables qui ne se roulent pas dans l'herbe et qui n'essayent pas de manger des feuilles de houe pour voir si c'est bon pour les biches et les lapins, mais on saura que finalement, on n'est pas tout à fait comme tout le monde, et ce petit talisman dans le coeur fera de nous les plus grands écrivains de notre génération.
Tu vois, tu ne peux plus couper à cette escapade future, ton avenir et le mien en dépendent.

# Posté le mardi 19 février 2008 18:12

Pete Doherty & Wolfman - For the lovers

Pete Doherty & Wolfman - For the lovers
Souviens toi quand tu étais heureux. Que tu vivais là-haut, de ton monde nocturne, de tes parents ensemble, de ta famille, des étés interminables, de Volkrange. Souviens toi que t'habiller était une corvée, que tu courais dans les champs et que tu faisais des bouquets fanées pour ta maman. Tu fabriquais des avions en bois et avais un papa, pêcher dans les lacs, et marcher dans les douves. Souviens toi des noels, des anniversaires et de chaque soir. Chaque jour. Souviens toi que tu sentais la sueur d'enfant, le chocolat et la terre. Souviens toi que tu ne connaissais rien du monde mais rappelles toi surtout que tu t'en foutais. L'odeur de l'herbe coupée; ta madeleine de Proust. Souviens toi de tes arrières grands parents, de l'italie a eux tout seuls. Des moments avec toute ta famille, de tes conversations avec les animaux, des cascades dans le sable, les toboggans et les spectacles. Le noisettier et la neige. Souviens toi des journées dans le froid, des rires à s'en faire péter les joues. Souviens toi que tu n'avais pas de montre, que tu ne connaissais ni le temps ni la mort, ni les divorces ou les choix. Souviens toi de ton enfance, de tes mains sales, de tes habits dégueulasses. Souviens toi que tu as été heureux. Souviens toi que ces moments ne sont que des souvenirs. De très bons souvenirs.

# Posté le mardi 19 février 2008 16:18

A part d'un père je ne manque de rien.



Vox Angeli - Si seulement je pouvais lui manquer


# Posté le dimanche 17 février 2008 09:29

# Posté le samedi 16 février 2008 17:09